Vidéo du mois de Mai

La solitude des mères célibataires :

 
La campagne porte son regard sur les mamans de tous âges et de toutes conditions.
 
Femmes et précarité : visages et conséquences
 
Le nombre de femmes qui ont recours à l’aide d’associations est en constante augmentation depuis 2000. Plusieurs facteurs expliquent cette hausse, notamment l’éclatement de la cellule familiale classique. Les jeunes filles et les personnes âgées sont également très touchées par la précarité.

La précarité s’illustre par de multiples visages et touche de plus en plus de femmes.   La précarité est l'absence d'une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d'assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L'insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives.

 
Dans son rapport annuel de 2008, intitulé La pauvreté au féminin1, le Secours Catholique montre, en effet, que 54,4% de la population rencontrée par l’association est féminine, contre 52,2% d’hommes.
 
 
Multiples visages
 
 
Le paysage de la précarité féminine en France est vaste. Souvent effacées, de nombreuses femmes luttent au quotidien pour s’en sortir. Avec l’éclatement de la cellule familiale dite « classique », les parents isolés traversent soudainement une période insécure. Les mères sont souvent plus touchées par cette précarité, notamment à cause de l’emploi. Pour s’occuper de leurs enfants, les mamans sont souvent mères au foyer ou employées à temps partiel. La séparation, facteur de précarité morale, peut alors devenir très vite source de précarité financière.

Selon des données consolidées en provenance de l’INSEE, CMU, CMUC, RSA, 13,9% de la population générale féminine est en situation de précarité. Discrètes aux yeux de la société, ces femmes luttent au quotidien pour s’en sortir, dans des milieux souvent rudes et hostile. De plus en plus de jeunes femmes, de moins de 25 ans, vivent en squats ou dans la rue. Beaucoup de femmes de plus de 50 ans fréquentent également les accueils. Les retraites non-existantes ou infimes, la perte du conjoint, la violence ou la maladie sont les principales causes de leur précarité.

Les femmes au chômage, au RSA ou bénéficiant de contrats précaires, les femmes en situations irrégulières, les femmes rurales isolées, les femmes souffrant d’handicap sensoriel ou mental, certains ménages sont autant de publics féminins rencontrés dans les accueils actuellement.
 
 
Santé précaire

 
Les conséquences de la précarité sont dramatiques, pour les hommes et les femmes. Le manque d’’hygiène, la malnutrition, la violence et le non-accès aux soins se traduisent par des situations cliniques aggravées. En 20 ans, la proportion des femmes atteintes du sida a doublé. Les hépatites A et B sont particulièrement présentes chez les femmes réfugiées des pays de l’Est. La perte des repères essentiels, entraine une perte de la notion du corps, qui se traduit par une grande résistance à la douleur.

Dans les situations de grande précarité, les pathologies psychiques sont sévères. Elles naissent de plusieurs facteurs réunis : la perte de sommeil, la perte de l’estime de soi, la honte, la fatigue… Il n’est pas rare que ces troubles soient accentués par la prise de substances néfastes, tels que l’alcool ou la drogue.
Mais il arrive que ce soient les maladies psychiques qui entrainent les femmes vers des situations de précarité. En effet, la précarité n’est pas uniquement matérielle. Elle est aussi morale.
 
 
Survie et réinsertion
 
 
La précarité féminine constitue un filon riche pour les réseaux proxénètes. Les femmes, fragilisées et ayant l'impression de ne plus avoir d'autre recours, sont exploitées malgré elles. La prostitution, la manche et les petits boulots dégradants sont autant de moyens de survie qu'elles trouvent à leur portée. Les femmes étrangères sont nombreuses à connaître ces situations. Depuis 2006, les médias parlent beaucoup de la prostitution étudiante, comme une nouveauté. 
Heureusement, les associations sont très présentes aujourd’hui, en France, pour lutter contre la précarité. Des accueils de jour, des structures d’hébergement pour mères isolées, des ateliers, des accompagnements sur le long terme, des plateformes téléphoniques pour conseiller les femmes battues sont autant d’aides qui existent aujourd’hui, et constituent une première marche vers la réinsertion.

Le paysage de la précarité féminine a beaucoup évolué ces dernières années, notamment par l’évolution de la cellule familiale classique. Aujourd’hui, les jeunes sont de plus en plus nombreuses à fréquenter les accueils. Leur situation est souvent la conséquence de longues années de souffrance depuis l’enfance.

Les femmes en situation de précarité accumulent les traumatismes. Leur chemin vers la réinsertion est souvent long et difficile. Créer un lien de confiance avec elle est la première condition pour mieux les accompagner ensuite.

Marie-Camille RAFFIN – Rédactrice en chef des Cahiers Ozanam
 
“Il y a toujours une place pour une maman”

Le collectif

Un collectif de plus de 25 associations et organismes engagés dans la solidarité travaille sur cet enjeu de société :

Pas de solitude dans une france fraternelle !